Jeudi 26 février 2009

 

 


Nous avons visité la région de Arica & Parinacota (région XV), tout au Nord du Chili, aux confins du Pérou et de la Bolivie. Elle a été créée en 2008 par découpage dans la région de Tarapaca (région I).

ARICA

 

La capitale régionale est assez moderne, avec un long axe commerçant piétonnier et un grand port de marchandises en pleine expansion. On s'y sent plus en sécurité que dans la plupart des villes chiliennes.

 

Le petit port de pêche mérite un détour pour ses barcasses colorées, ses pélicans et les chats qui grapillent des déchets de poissons. Si on a de la chance, on peut voir quelques grosses otaries et des tortues marines nageant sous les pontons.

 

Emblème de Arica, le rocher El Morro offre une vue d'ensemble sur la ville, la côte péruvienne au Nord, la côte rocheuse au Sud, l'entrée des vallées de Lluta et de Azapa à l'Est. Au sommet se trouvent plusieurs mémoriaux militaires, un musée historique à la gloire de l'armée chilienne et un Christ colossal faisant face à l'océan Pacifique.

 

VALLE DE AZAPA

 

Près de Arica, nous avons visité la vallée-oasis de Azapa, célèbre pour ses vestiges précolombiens. Situé à 12Km, au bourg de San Miguel de Azapa, l'excellent musée archéologique (1500p) mérite sa réputation. Il présente les différentes périodes régionales et conserve les plus vieilles momies artificielles du monde (Culture Chinchorro). On s'y rend facilement depuis Arica en taxi collectif "colectivo" (800 à 900p/pers.), soit directement par la route moderne, soit par l'ancienne route de Azapa.

 

Cette dernière passe au plus près des géoglyphes qui se trouvent tous sur les escarpements du côté sud de la vallée. Ils représentent des lamas, quelques silhouettes humaines, des figures serpentiformes, etc. On peut également découvrir de modestes cimetières indiens, avec des restes de tumuli, certains éventrés par les chemins et montrant leur structure en millefeuilles (couches de sable et de paille).

 

Face à San Miguel, sur une butte de l'autre côté de la vallée, se trouve un ancien village fortifié d'époque pré-inca (Pukará de San Lorenzo). Pour s'y rendre, on doit contourner par le hameau de Las Maitas ou par la rivière car de grands domaines fermés barrent tout le fond de la vallée (plantations d'oliviers).

 

PUTRE

 

La compagnie de bus La Paloma relie quotidiennement Arica (arrêt près du stade) à Putre. Le bus s'engage d'abord dans la vallée-oasis de Lluta (géoglyphes du côté sud) puis la route moderne gravit brusquement les escarpements par d'impressionnants lacets. On atteint un plateau désertique, parsemé de cactus candélabres et parcouru par quelques guanacos, avant d'approcher les vertigineux ravins de Putre.

 

Sur la route du parc national Lauca, le bourg de Putre (3500m alt.) est recommandé comme étape d'acclimatation à l'altitude. Nous y sommes restés quelques jours avec plaisir. On y trouve plusieurs petites épiceries et de modestes auberges très accueillantes.

 

Nous avons fait plusieurs randonnées dans la vallée. En amont, un verdoyant vallon offre de belles pâtures aux lamas, alpagas, vaches, chevaux, chèvres et moutons. En remontant le chemin le long de la rigole d'irrigation, on a une bonne vue sur la ville et on peut arriver jusqu'aux sources. Vers l'aval, nous avons suivi l'ancienne piste de Socorama et atteint une belle croix enrubanée qui domine des gorges et de petites terrasses agricoles.

 

Les fins de semaines, le village est assez animé. Le samedi soir, les répétitions des fanfares retentissent et, le dimanche, les villageois et les fermiers des environs revêtent leurs plus beaux costumes pour assister à la messe.

 

PARC NATIONAL LAUCA / RESERVA NACIONAL LAS VICUÑAS

 

Nous avons parcouru les réserves naturelles avec l'agence Cali de Putre. C'est une bonne compagnie, tenue par des Aymaras, mais il faut impérativement négocier les tarifs. On peut demander des itinéraires sur mesure. Nous avons choisi d'aller jusqu'aux villages de Ancuta et de Guallatiri, dans la Reserva nacional Las Vicuñas puis de remonter vers le lac Chungará et de terminer par Parinacota. En saison creuse, le juste prix se situe entre 23.000p/pers. (à partir de 3 pers.) et 30.000p/pers. (à partir de 2 pers.).

 

Bordés de hauts volcans, les parcs protègent de vastes espaces de prairies altiplaniques, fréquentées par des troupes de vigognes tandis que les rocailles sont le domaine de la viscache (sorte de gros "lièvre-écureuil" voisin du chinchilla). Plusieurs villages-fantômes témoignent encore d'un fort exode rural.

 

MISITUNE

 

En bordure d'un ruisseau s'étendent les émouvantes ruines du village abandonné.  Les vigognes disputent désormais aux derniers lamas les pâturages marécageux.
 

ANCUTA

 

A l'entrée de ce modeste village d'éleveurs apparaissent de grands enclos circulaires, destinés au regroupement saisonnier des bêtes. Une robuste petite chapelle à toiture de paille résiste encore au vent.

 

GUALLATIRI

 

Plus grand que Ancuta, le village de Guallatiri n'est plus animé que par de rares éleveurs et par le poste de carabiniers qui garde la route vers la frontière bolivienne. La plupart des habitations servent désormais de résidences secondaires ou ont simplement été abandonnées. De dimension étonnante, l'église ouvre vers le volcan Guallatiri qui fume en permanence. La fonte de sa calotte neigeuse alimente le vallon où paissent les lamas. Il émane du lieu une merveilleuse impression de paix.

 

LAGO CHUNGARA

 

La route de Guallatiri au lac Chungará est une mauvaise piste qui passe au nord du volcan. En chemin, on découvre les sources chaudes de Churigualla et un cairn inca (apacheta) qui marque les crêtes entre le bassin versant du Río Lauca et celui du lac Chungará.

 

L'extrémité orientale du lac compte une importante zone humide où pataugent des flamants et des foulques géantes (taguas). En suivant la route internationale qui longe la rive sud, on est impressionné par le cône enneigé du volcan Parinacota sur l'autre rive (6200m alt.). On aperçoit également les volcans Pomerape et Sajama (en Bolivie). Isolé et souvent couvert, le lac peut laisser une impression mélancolique.

 

En continuant vers l'ouest, on passe par un très beau point de vue sur les lagunes de Cotacotani (voir ci-dessous).

 

PARINACOTA

 

Nous avons choisi de passer 2 nuits dans ce petit village altiplanique (4300m alt.). Etant hors-saison, nous avons joui d'un calme inégalable. La haute-saison se situe en été (janvier-février) pour les touristes nationaux et curieusement en plein hiver austral (juillet-août) pour les touristes internationaux.

 

L'hébergement n'est plus assuré par le centre d'interprétation du parc national depuis les protestations des familles aymaras. Ces dernières offrent désormais plusieurs petites auberges, très accueillantes et en cours de modernisation, avec possibilité de repas. Les prix sont encore modérés.

 

Parinacota se compose d'une place d'arme rectangulaire, agrémentée d'une gloriette centrale. Les rares enfants de l'école s'y amusent en attendant d'hypothétiques voyageurs tandis que les vieux du village tiennent de modestes baraques de ravitaillement. Sur l'escarpement du côté sud, un belvédère permet d'embrasser toute la localité et la grande zone humide de l'Ouest (Bofedal de Parinacota).

 

Une belle église chaulée, avec son typique toit de paille, s'élève du côté est de la place. Ses dimensions sont assez importantes pour la localité et le trésor témoigne d'un passé prospère (ancien relai sur la route des mines d'argent de Potosí). Quelques crânes récupérés de l'ancien cimetière et les registres d'état-civil rappellent les vies passées. Pour visiter, il suffit de s'adresser à la jeune Susana qui garde la clef. Un petit don sera justifié.

 

Le reste du village s'organise suivant un grand rectangle de rues, encadrant des ruelles et des maisons assez délabrées. Près de l'étang Piacota, au bout de la rue principale, le bureau du parc national n'est que rarement ouvert.

 

A proximité de Parinacota, derrière la butte du belvédère, des sources arrosent un vallon où gambadent des alpagas.

 

On peut faire une belle randonnée à la journée vers les hauteurs de l'est, en direction du volcan Parinacota. En suivant un chemin depuis l'étang Piacota, on remonte la rivière, on passe une cascade, on parcourt de petits marais habités par des lamas et quelques ânes puis on arrive au déversoir des lagunes de Cotacotani qui fait office de source du Rio Lauca. Fréquenté par les flamants et les foulques, l'enchevêtrement de lacs s'étend au pied du majestueux volcan.

 

Pour redescendre de Parinacota à Arica, nous avons pris le bus bi-hebdomadaire de la compagnie La Paloma (ligne Arica-Visvirí). Essentiellement destiné aux Boliviens, le service n'a pas la même qualité que celui de la ligne Arica-Putre. Les horaires sont très approximatifs (1 ou 2 heures de retard semblent habituelles), le véhicule est vêtuste et pas très propre, la galerie est surchargée de paquetages approvisionnant les boutiquiers d'Arica. A l'arrivée en ville, on n'a jamais compris où était le terminus. Apparemment, c'est une dépose à la demande qui permet à chacun de décharger ses colis. Quoi qu'il en soit, ce mode de transport s'est avéré bon marché, sympathique et authentique.

Par Yann - Publié dans : Chili - Communauté : images du monde
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Mardi 24 février 2009

 

ANTOFAGASTA

La capitale régionale n'est pas vraiment belle. Seule la place centrale présente un certain charme avec ses plantes tropicales et sa cathédrale. Dans le port, nous avons admiré les pélicans et quelques tortues marines.

MONUMENTO NACIONAL LA PORTADA

Au départ de Antofagasta, nous avons fait une belle excursion à l'arche de la Portada (îlot rocheux).
 

Il n'y a pas toujours de transports en commun jusqu'au site mais on peut s'en approcher en prenant au centre-ville n'importe quel minibus vers le Nord. On descend au bout de l'axe principal, juste à la sortie de la ville (ne pas descendre dans les quartiers intermédiaires qui craignent un peu). Ensuite, il suffit de marcher tranquillement dans le désert, en bord de mer. Il faut compter au moins une demi-journée pour faire l'aller et le retour.

 

Nous avons trouvé que la randonnée sur les falaises valait le coup. Elle offre une bonne vue sur la côte pacifique et on voit l'arche dans de meilleures conditions que depuis le centre d'accueil (parking, musée en construction).   On peut également observer les oiseaux (pélicans, vautours marins).

 

Evidemment, il est toujours possible de s'y rendre en taxi.

Par Yann - Publié dans : Chili - Communauté : images du monde
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Lundi 23 février 2009


Nous sommes allés au PN La Campana au Chili en novembre 2008. Peu connu des étrangers, ce parc mérite un détour d'une journée si l'on séjourne à Valparaiso.

Pour s'y rendre, le mieux est de prendre le métro vers 8h dans le centre-ville puis de changer à Limache pour un minibus micro (assez fréquents). L'entrée est à 10-15 minutes de marche après le terminus de Granizo.

A la cabane d'entrée, les garde-parc réservent un excellent accueil et perçoivent un modique droit d'entrée (1500p/pers.). Pour aller au sommet du Cerro La Campana (1800m alt.), il faut arriver avant 9h30 pour avoir le temps de faire l'aller-retour dans de bonnes conditions. Comme on est censé ressortir avant 17h30, la randonnée est un peu raccourcie si on arrive trop tard mais, même en commençant vers 10h-10h30, on peut quand même monter jusqu'à 1500m alt. pour atteindre la Placa de Darwin (plaque commémorant l'ascension de Darwin.

En chemin, on découvre des ravins luxuriants et la flore typique de la région. Du sommet, le panorama s'étend des Andes jusqu'à la côte. Quand nous y sommes allés, une mer de nuages recouvrait le parc entre 500 et 1000m alt. mais nous avons persévéré et retrouvé le soleil un peu avant la vieille mine. C'était magique.


Par Yann - Publié dans : Chili - Communauté : images du monde
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